A ses pieds s'agenouille la luxure,
Devant ses grands yeux, ébahi, le désir se fait plaisir ;
La chevelure dénouée, le sang léchant son corps dévoilé,
Traînant tel un homme coupable sur ses seins ;
La succube chevauche la Nuit,
Et boit l'essence sucrée amère de la Vie.
Elle se joue des soupirs, et pénètre les mondes,
Subtil visage qui se glisse en va et vient,
Sur la corde tendue de l'existence.
Eros c'est la vie,
Elle savoure les fruits perdus et les matins laiteux,
Comme elle embrasse les lèvres tendres,
Les mordillant avec ardeur,
Allant toujours plus loin dans ses lascive tendances.
Mais la succube est délicate,
L'étoile seule éclaire sa débauche,
Où les poètes, sous la cuillère de sucre, souvent dans l'absinthe,
Noient leurs orgies d'idées et leurs inventives espérances.
©

